Nous inscrivons notre mission de service public dans une double ambition : répondre aux enjeux locaux et répondre aux aspirations de nos concitoyens pour la sauvegarde de notre planète. L’eau, le traitement des déchets, les transports, sont au coeur du service public et doivent participer au développement durable de notre société. Nous devons être exemplaires dans ces domaines. Le service public du 21ème siècle n’a de sens que s’il prend en compte toutes les dimensions du développement durable.
Sans doute est-ce là l’emblème du service public. L’eau est une source essentielle à la vie. Elle constitue un enjeu de société. Alors qu’elle devrait être considérée comme un bien public nécessaire à la santé, au développement des économies et de la civilisation, elle est à ce jour surtout considérée comme une marchandise soumise aux lois du marché.
Nous avons la chance de posséder des réserves d’eau, mais cette ressource est fragile de par sa qualité : il est donc nécessaire d’avoir une gestion économe,brigoureuse et transparente, et d’y associer la population pour en débattre. Au niveau national, de nombreuses voix se font entendre pour que soit créée une agence nationale de l’eau dont la mission serait d’assurer le service public national en matière de gestion de recherche, d’évaluation quantitative et qualitative des besoins.
Le débat est ouvert dans notre collectivité depuis quelques mois et va s’amplifier d’ici 2012, date à laquelle le mode de gestion sera renouvelé après 25 ans d’affermage. S’il faudra, à cette date, tenir compte de l’évolution de la réglementation sur l’eau et de la gestion des services publics, il sera aussi important de comparer les modes de gestion de l’eau et d’assainissement d’autres villes en France et en Bretagne et évaluer les retombées positives ou négatives dont ont profité ou qu’ont subi les usagers selon que la gestion soit publique ou privée.
Nos choix pour la gestion de l’eau et de l’assainissement s’appuieront sur quatre principes: protection de la ressource, sécurité de l’approvisionnement, qualité des rejets, maîtrise du prix de l’eau. Une maîtrise des coûts passe par la maîtrise des investissements notamment dans l‘assainissement et une assurance de la qualité par un travail en amont sur la production et la protection de la ressource. L’eau que Brest consomme n’est pas produite à Brest. La prise de décision devra donc s’inscrire dans une logique de gouvernance du territoire et s’élaborer aprèsconsultation des consommateurs, des exploitants agricoles, des experts et du milieu associatif.
Nous devrons mener des efforts constants pour réduire nos déchets à la source, moderniser la collecte, le traitement et le valorisation des déchets. L’avenir passe par la capacité que nous saurons nous donner de gérer sur notre territoire l’ensemble des déchets produits sur ce territoire.
Les évolutions récentes de nos politiques ont été marquées par la priorité à la valorisation et à la performance environnementale avec une volonté forte de réduction de la part de déchets ultimes. Pour répondre au mieux aux attentes de la population, Brest métropole océane développera les actions déjà à l’oeuvre : collecte au porte-à-porte des emballages ménagers, amélioration des différents outils d’apport volontaire ou modernisation et adaptation des déchetteries. Les nouvelles initiatives de la collectivité toucheront autant la collecte que le traitement. Il s’agit par exemple de multiplier des conteneurs enterrés ce qui apportera une qualité supplémentaire à l’espace public. Sur ce modèle, il s’agira d’amplifier le nombre de points d’apports volontaires, mais aussi de sensibiliser plus étroitement les jeunes générations à cet enjeu, de proposer plus systématiquement des pratiques de compostage individuelles. Autant d’exemples à même de réaffirmer l’importance de la réduction de la part des ordures ménagères au profit de la collecte sélective et de la valorisation.
Dans la collecte ou le traitement des déchets, nous poursuivrons pour améliorer le service rendu aux usagers, l’organisation concertée des tournées, l’extension de collectes sélectives en porte à porte et en apport volontaire, le remisage des bacs, la collecte des encombrants, le tri spécifique des produits électroniques, et la réflexion à mener sur la collecte et la mise en place d’une filière de compostage méthanisation à partir des déchets fermentescibles.
Ce service ne sera véritablement performant qu’avec la participation de tous. Il nous revient de sensibiliser toujours plus fortement chacun de nos concitoyens en leur offrant les moyens de participer à un enjeu qui concerne notre planète. Dans cette logique, le Projet éducatif local, engagera dans les écoles de Brest un effort important de sensibilisation aux questions de l’environnement et aux comportements à promouvoir pour le préserver.
De plus en plus nombreux sont ceux qui prennent conscience que le transport public est une façon pertinente de répondre à la raréfaction des énergies fossiles dont le poids économique est de plus en plus lourd pour nos concitoyens.
S’il nous faut poursuivre l’entretien de notre voirie pour qu’elle reste sûre et fiable, nombres d’alternatives sont aujourd’hui possibles pour sortir du modèle tout automobile.
La mise en place de la 1ère ligne de tramway nous permettra d’enrichir notre politique de déplacements. Mis en service en 2012 sur 14,7 km de Kergaradec à Thales, le tramway s’inscrit dans les principes retenus par l’Etat lors du Grenelle de l’Environnement. Cela nous laisse entrevoir une aide financière que l’Etat avait récemment supprimée pour ce type d’investissement.
Accessibilité pour tous et partout.
Pour donner à nos concitoyens l’envie de vivre en ville, pour mieux accueillir les séniors, les familles avec jeunes enfants, Brest doit créer des espaces publics agréables, sécurisés et accessibles.
La ligne de tramway ne desservira pas tous les quartiers de Brest. Mais cet aménagement crée l’opportunité de redéployer nos lignes de bus en faveur des quartiers non desservis. Il faut aussi se donner dans l’avenir plus de liberté dans le choix et l’utilisation des différents modes de transport. En concertation avec les habitants, nous souhaitons que les expérimentations de lignes nouvelles soient plus importantes. De même, il sera nécessaire d’amplifier le principe du transport à la demande, notamment pour les personnes dépendantes, âgées ou handicapées. Il conviendra aussi d’appliquer des grilles tarifaires les plus adaptées possibles au niveau des ressources des usagers. Il nous faut engager la réflexion et la concertation sur une seconde ligne de tram, qui complétera logiquement la première et sur une liaison tram - train à terme.
Des aménagements innovants pour affirmerle lien entre les quartiers.
Nous devrons accompagner le renouveau urbain d’aménagements facilitant le lien de quartier à quartier. L’aménagement du plateau des capucins impliquera une réflexion sur le lien avec la rive droite.
Le développement rapide du port de commerce, en terme de services, de cultures, de loisirs et de logements, impliquera la mise en place de liens efficaces avec la ville haute. Outre des navettes plus régulières et des prolongements de lignes vers le Moulin Blanc ou le port du Château, de nouvelles formes d’accessibilités doivent être envisagées rapidement, notamment par les modes doux, piétons et vélos.
Des modes doux pour l’avenir.
Le développement des …
L’air, l’eau, la rade, les eaux de baignades, les espaces naturels mais aussi espaces agricoles font partie du cadre unique et rare de Brest. Ils constituent des espaces aussi riches que fragiles. La lutte contre l’étalement urbain, à travers le renouveau urbain de Brest, répond à cet enjeu. Mais il nous faut aussi agir pour valoriser et conserver ces espaces indispensables en terme de ressources et de garanties pour les générations à venir. « Ressources » sous entend la question énergétique, qui doit tenir une place centrale dans les préoccupations du service public autant que pour le développement économique local.
Qu’il s’agisse de sport, de culture, d’animation, les années à venir vont être à la fois :
■ le temps de la continuité : avec la poursuite du soutien aux dynamiques associatives, une attention aux équipements publics et aux manifestations emblématiques de Brest (Jeudis du Port, Printemps des sonneurs, Noël à Brest, festival OUPS, Tréteaux chantants, rassemblements maritimes…)
■ le temps du renforcement : poursuite du programme de rénovation d’équipements sportifs, ouverture de nouveaux équipements et lancement de nouveaux projets : piscine ludique au Moulin Blanc, Salle de spectacle sportif à l’emplacement du stade du Polygone, nouvelle Maison du Théâtre au Stella à Lambezellec, Médiathèque centrale avenue Foch, Grand stade au Froutven, transfert de l’école d’art, du Fourneau et de la Cinémathèque de Bretagne au plateau des Capucins, rénovation complète de la salle Mac Orlan…
■ le temps des évolutions : pour tenir compte de la diminution des aides de l’Etat, des nouvelles pratiques des habitants et pour faire en sorte que personne ne soit exclu de ces dynamiques sportives, culturelles et d’animations.
■ Une offre culturelle renouvelée En matière culturelle, Brest se caractérise par un foisonnement d’initiatives qui trouvent leur place dans la vie de notre ville, reçoivent le soutien de la collectivité, et sont accompagnées dans leur mise en oeuvre par les moyens du service public local : pratiques amateurs, pratiques culturelles initiées par les associations gestionnaires d’équipements de quartier adossées aux mouvements d’éducation populaire. Notre ville n’échappe pour autant pas aux évolutions fortes que connaît aujourd’hui l’ensemble du secteur culturel dans notre pays. Ces évolutions sont multiples, parfois contradictoires : désengagement progressif de l’Etat, réforme de l’intermittence du spectacle qui pose la question de la place et du rôle des artistes et de la création, renforcement de l’éloignement d’une part importante des habitants de toute pratique culturelle, émergence de nouveaux outils… C’est en particulier le cas des nouvelles technologies qui bouleversent à la fois le rapport à certaines formes d’accès à la culture et amènent dans le même temps de nouvelles expériences créatrices…
Comme en matière culturelle, les Brestois disposent d’une offre sportive variée. Dans ce domaine aussi se pose réellement la question des publics. Quels sont aujourd’hui ceux qui pratiquent une activité physique et sportive et pourquoi certains d’entre eux, comme en matière culturelle et malgré l’offre diversifiée, en sont exclus ou s’en excluent d’eux même ? Avec le mouvement sportif dans son ensemble, et en nous appuyant sur l’Office des Sports,nous devrons en débattre et expérimenter des dispositifs nouveaux pour favoriser un meilleur accès de tous aux pratiques physiques et sportives et plus particulièrement les enfants et les jeunes. La création d’un pass multiactivités et d’une carte multisports pourrait participer de cet effort.
En lien avec le Conseil Général du Finistère, auquel la loi a donné des compétences fortes en matière de solidarité, nous poursuivrons le travail mené en direction des Brestoises et des Brestois en difficulté pour les soutenir et les aider. Si aujourd’hui des réponses existent en matière d’insertion, d’aides d’urgence, de logements… il convient en permanence de faire preuve d’une capacité d’innovation pour en trouver de nouvelles lorsque les circonstances l’exigent. Les Brestoises et les Brestois ont montré, par l’engagement de beaucoup d’entre eux dans des associations de solidarité, leur refus d’une ville dont certains seraient exclus. C’est avec eux, avec le Conseil Général du Finistère, avec l’Etat que nous poursuivrons le travail engagé.
La sécurité publique est d’abord une mission essentielle de l’Etat. Elle passe par la prévention, la répression des délits, la sanction, la réinsertion. Pour garantir aux Brestoises et aux Brestois de vivre en sécurité dans leur ville, l’Etat avec ses services (police, justice, mais aussi Education Nationale), la ville (avec ses services de médiation, sa proximité aux habitants, son soutien aux actions de prévention) et enfin les associations d’aides aux victimes doivent travailler ensemble. Ce travail partenarial au quotidien porte ses fruits même si en matière de sécurité, il n’existe pas de solution absolue. Alors que l’Etat réorganise et réduit la présence des services de police nationale dans les quartiers (fermeture des bureaux de police de proximité des quartiers de Saint Pierre Quilbignon, Saint Marc, et non ouverture de celui du quartier de l’Europe) il importe de maintenir et renforcer ce partenariat et de conforter ces collaborations.
Nous veillerons dans l’aménagement de l’espace public à prendre en compte les problèmes de sécurité, en mettant en oeuvre les pratiques innovantes.
Les politiques éducatives mises en oeuvre par la ville, avec pour objectif que chacun s’approprie sa ville comme citoyen, participent leur manière au travail de prévention de la délinquance. Elles continueront d’être renforcées par les interventions des services de la ville dans les collèges et lycées autour des incivilités et du respect de la loi.
Par ailleurs, même si cette dimension ne figure pas au titre des compétences de la ville, nous porterons, en y prenant part,
une attention soutenue à l’aide aux victimes.
La question de l’utilisation d’outils technologiques de surveillance telles les caméras de vidéo surveillance sur l’espace
public n’est pas envisagée. Les expériences menées n’ont pas démontré l’efficacité de ce système par ailleurs coûteux et discutable sur le plan éthique. Il déplace plus qu’il ne règle la délinquance même s’il peut parfois participer à une simplification de l’élucidation d’un délit. Il n’existe aucun dispositif, en dehors de la présence de la police nationale, à même
d’offrir sur l’espace public une présence sécurisante, dissuasive, répressive si nécessaire. La sécurité publique doit pour
cela continuer de relever de l’Etat. Nous continuerons à privilégier le renforcement des coopérations avec les services de Police, en mettant en oeuvre des solutions nouvelles pour permettre à ceux-ci de se concentrer sur leurs responsabilités premières. C’est ce que nous faisons pour nombre de manifestations festives sur l’espace public, pour lesquelles nous assurons nous mêmes une part de la sécurisation. Le travail engagé autour des rassemblements étudiants du jeudi soir sur la place de la Liberté est une autre illustration de cette approche, où la ville mobilise un panel de réponses dans le domaine de la prévention et de la dissuasion, pour limiter au nécessaire les interventions des services de la Police Nationale. Le contrat local de sécurité a permis de dépasser la vaine opposition entre prévention et répression. La sécurité est à la
confluence d’actions de prévention, d’une présence visible et sécurisante des fonctionnaires de la police nationale et de réponses circonstanciées en matière de sanction.
En privilégiant cette approche, nous faisons à Brest le …
Le renforcement des équipements de quartier engagé ces dernières années : Maison de quartier de Lambézellec, Maison our tous de Saint Pierre Quilbignon, centre socio culturel l’Escale sur le quartier de l’Europe, Patronage laïque de la Cavale Blanche, pour ne citer que quelques exemples, sera poursuivi. Le réaménagement du centre social de Kerourien s’achève, l’extension du Patronage Laïque du Bergot vient d’être lancée, de nouveaux locaux seront aménagés sur le quartier de Pontanezen pour le CAP-CSF, Place Guérin, une salle multifonction sera créée pour St Martin en pleine mutation.
Mais au-delà de ces locaux, la ville a souhaité mieux accompagner les dynamiques associatives de ces équipements au travers de conventions d’objectifs. Ce travail de conventionnement qui permet de renforcer la cohérence des propositions faites à tous les habitants des quartiers par ces équipements, sera poursuivi.
Sur un quartier aucune structure qui reçoit un soutien de la ville ne peut plus mener des actions sans se préoccuper de tout ce qui se passe autour d’elle. C’est cette mise en marche collective de tous les acteurs socio culturels et associatifs soutenus par la ville que nous souhaitons amplifier.
Nous devrons trouver de nouvelles formes pour que le soutien public apporté à la vie associative, participe plus encore à la dynamique de vie dans la cité. La question des locaux mis à disposition sera posée à la fois par le chantier du réaménagement de l’immeuble associatif Proudhon dans le prolongement de la dynamique urbaine en cours sur le quartier de Saint Martin, mais aussi par l’obligation de mise aux normes des locaux accueillant du public dans le cadre de la loi sur le handicap.
Vivre bien dans sa ville, vivre bien à tout âge c’est trouver partout dans sa ville cette dynamique associative, cette vie de quartier et pouvoir y participer sans contrainte.
C’est aussi faire en sorte que chacun puisse trouver dans son environnement des commerces adaptés :
■ adaptés par leur proximité : cela passe par le renforcement des pôles de centralité dans les quartiers : bourg de Saint Pierre Quilbignon, Pontanézen, ZAC du bourg de Saint Marc, halles de Recouvrance, Kergoat.
■ adaptés dans leur centralité avec le renforcement de la dynamique commerciale du centre ville : piétonisation, halles Saint Louis…
■ adaptés dans leur dimension métropolitaine avec toujours les opérations sur le centre ville, mais aussi le développement du Froutven ou la modernisation de Kergaradec, l’Hermitage.
Les outils de l’internet se sont généralisés dans la société. Mais tout le monde n’y a pas accès. A Brest, le réseau, unique en France, des 90 points d’accès publics à internet sera étendu avec un soutien à l’usage dans les quartiers populaires et l’étude de solutions d’accès mutualisées à faible coût. Par l’équipement des écoles, la mise en place de réseaux locaux, leur maintenance, la ville garantit un accès de chaque enfant aux outils informatiques. L’équipement en photo, vidéo, vidéo projecteur, visio conférence permet aux équipes pédagogiques d’utiliser les apports du multimédia dans l’enseignement.
Au delà de la petite enfance, l’éducation est un domaine marqué d’attentes fortes. Les décisions prises par l’Etat au travers de l’Education Nationale (évolution de la semaine scolaire, menace sur la scolarisation des enfants de 2/3 ans, fermeture de classes, suppression de postes d’enseignants) ont et auront immanquablement des conséquences pour les familles.
La préoccupation des parents porte sur la manière dont ils vont pouvoir concilier leur vie et leur rôle de parents. Naturellement ils se tournent vers la ville pour obtenir les réponses à leurs attentes, c’est particulièrement vrai en matière de mode de garde. Pour apporter la réponse la mieux adaptée, nous devons renforcer la mise en cohérence et en mouvement des différents intervenants.
La recherche permanente d’une démocratie active, l’engagement des citoyens dans la vie de la cité, sont au coeur de la vision que nous avons de l’action publique. La mise en oeuvre des conseils consultatifs de quartier a permis de renforcer la participation des Brestois et des Brestoises à la vie et au devenir de leur ville. Ceux-ci vont s’engager dans une nouvelle étape avec un élargissement de la participation à toutes celles et ceux qui souhaitent s’y impliquer.Il est important qu’un nouveau dynamisme se mette en place par la confrontation des points de vues, le dialogue, les conseils consultatifs de quartiers doivent contribuer à éclairer la décision publique des élus, garants de l’intérêt général.